vendredi 13 mai 2022

Je réalise

Je réalise que j'avais parlé de reprendre le blog. Sauf que ça s'était très mal passé avec la spécialiste en question (je ne dirai pas quelle branche) où j'ai rompu la période d'essai, une première.

Puis il y a eu un nouveau poste en pneumo. Où l'on m'a fait un très sale coup après plusieurs mois alors qu'on ne pouvait rien me reprocher (à part mes heures sup non payées pour lesquelles je ne réclamais rien à part de les récupérer). J'ai fini en arrêt avec reprise de crises d'angoisse alors que depuis plus de 10 ans je n'en avais plus faites. J'ai été dans un état catastrophique. Puis est tombée la rupture conventionnelle.

Puis le chômage à nouveau. Long. Trop long.

Un poste chez un prestataire de santé où je ne dirais pas ce qu'il s'est passé en détail. Mais pour avoir demandé à avoir du travail au lieu de ne rien faire, ma période d'essai a été rompue en 1 semaine. PARCE QUE J'AI DEMANDÉ DU TRAVAIL MAIS ZUT !

Boulot chez un autre presta où j'avais déjà eu un CDD donc je savais que je mettais les pieds chez des gens corrects.

Rupture de ce CDD d'un commun accord pour en débuter un autre de 6 mois en ophtalmologie, une première. Où j'ai récemment signé un CDI.

Je vais peut-être bien me remettre à écrire... Surtout que je vais avoir une petite formation et j'apprends des choses. On verra.

samedi 29 août 2020

Salut toi...

Au final j'aurais eu la possibilité de reprendre le blog. Sauf qu'on m'a fait un très mauvais coup au niveau du travail dont j'ai été jetée au bout de 3 semaines après avoir tout donné, y compris être venue avec de la fièvre. Sans compter les autres emmerdes. Mais je ne vais pas expliciter pour ne pas avoir de souci.

 Il se trouve que depuis fin novembre, je n'ai eu que 3 entretiens en tout. 3 ENTRETIENS... Je trouve cela dérisoire en raison du nombre de candidature, surtout pour des postes de secrétaire médicale où j'avais tout ce qu'il fallait. En plus je n'ai pas le diplôme donc on me paie moins, c'est bien ça non ? Apparemment je ne suis pas assez bien. Et parfois c'est Pôle Emploi qui ne transmettait pas ma candidature car "le profil ne correspond pas". Il correspond à 100 % mais tout va bien !

Et me voilà subitement en entretien de 5 minutes avec une médecin. Suivi d'une demande à ce que je reste un peu avec la secrétaire présente (travaillant normalement dans un cabinet d'une autre ville) pour qu'elle se fasse une idée. Je suis restée 2 heures à faire diverses choses puis on m'a demandé de venir dans le cabinet principal pour 2 jours avec décision au second jour. La décision était déjà prise à la fin du premier. À savoir me proposer un CDI avec période d'essai bien sûr, surtout que c'est du temps partiel.

Je commence le 31 août. Mélange d'un peu de joie d'être ailleurs qu'entre 4 murs et de dépit de retourner là-dedans, surtout après ce qu'il s'est passé. J'ai peur des relations des autres.

samedi 21 septembre 2019

La reprise du blog ?


J'ai eu un "entretien" avec une ancienne remplaçante de mon ancien patron. Je mets entretien entre guillemets car elle voulait déjà m'engager. Mais comme j'avais une chance de garder un travail que j'aime, j'avais dit non.

Sauf qu'au final tout n'a été que mensonge et personne ne voulait me la donner cette chance... Pas dans le département. Dans celui d'à côté oui mais il n'y avait pas de place.

Il est donc plus que probable que d'ici novembre je recommence à être secrétaire médicale, psychologue, assistante maternelle et plus si affinité. Alors que je n'avais dit "plus jamais". Quelle idée...

Édition du 03/10/19 : c'est chose sûre, début novembre je recommence à travailler dans le domaine médical.

vendredi 15 septembre 2017

Et plus d'un an après ?

Je me suis dit que j'allais faire un petit point. Mon contrat comme secrétaire/assistante médicale a pris fin le 29 juin 2016. J'avais démissionné pour ne pas travailler avec un repreneur n'ayant rien d'un médecin pour moi, à part certaines notions.

Je suis peut-être dure, mais quand je vois qu'il y avait des choses que je savais mieux faire, mieux gérer, mieux diagnostiquer même (un comble !!!) face à quelqu'un qui ne pensait qu'à l'argent, arrivait tout le temps en retard, prescrivait à tout va (tu n'as pas besoin mais allons-y je te fais une ordo pour de la Ventoline, WTF?!)... Ben ça ne donnait pas envie de rester. Surtout quand il veut jouer au con avec la réglementation du travail et essayer de tout me mettre dans l'os.

Après il y a aussi le fait que je n'aimais pas mon travail. Je me pliais en quatre pour le médecin et les patients mais je n'aimais pas. J'étais bouffée par mon empathie et l'énergie que je déployais pour les autres au lieu d'en garder un peu pour moi avec la Salope Et Pétasse.

Je suis contente de ne plus travailler là-bas. C'est un fait.

Mon ancien patron ne me manque pas car je continue à papoter avec lui et à le voir.

Par contre, il y a des patients qui me manquent. Ils sont plus nombreux et me manquent plus que ce que j'aurais imaginé.

Je vais d'ailleurs reprendre contact avec certains d'entre eux. Maintenant que tout s'est bien tassé, que la page est bien tourné et qu'il n'y a plus de risque vis-à-vis du repreneur.

C'était une belle et difficile expérience au final.

lundi 9 mai 2016

Pause

J'ai deux articles qui sont toujours au stade de brouillon. Je voudrais écrire, j'en aurais besoin. Mais les murs ont des oreilles et je suis épiée.

Du coup, j'essaie de ne pas attirer l'attention. Je prépare ma sortie et j'espère que rien ne va venir la faire capoter. J'ai la pression de toux les côtés. Je ne suis plus traitée comme je devrais l'être. Je ne veux pas être une reine, mais je n'ai pas à être la boniche et le punching-ball de tout le monde.

J'aimerais juste faire mon travail correctement et non me retrouver à écrire des choses que je sais être fausses car le travail n'a pas été fait comme il aurait fallu.

J'aurais voulu finir comme cela avait commencé, de la façon la moins stressante possible. Mais j'ai du sortir les armes et commencer à me battre. Mais me préserver aussi de ce qu'on pourrait me faire pour m'empêcher de faire ce que je veux.

Nous ne sommes pas marié(e)s à notre travail. Nous ne devrions jamais l'oublier. On ne devrait jamais nous forcer et nous dire que "si si si, vous vous êtes engagé(e)".

Donc je fais une pause. Quand tout sera fini, je pourrai alors revenir sans aucun risque pour mon futur.

lundi 4 janvier 2016

J'ai parlé

Je ne sais pas si ce que j'ai fait est une bonne chose. Enfin si, au fond de moi je suis convaincue que c'est le cas. Mais il y a toujours un doute.

Il m'est arrivé de lâcher à de rares patients que j'ai une sclérose en plaques. Pourquoi ? Parce qu'il s'agissait de patient ayant des problèmes neurologiques similaires, voire justement une SEP. Et qui étaient désemparés.

Il m'a semblé que cela leur a fait du bien d'en parler. De parler de leurs inquiétudes, de me poser des questions. Et j'avoue que lorsque j'ai eu ce rapport avec un patient âgé ayant une SEP de longue date et à qui j'ai demandé si je pouvais lui en parler, en ayant moi-même une, cela m'a fait du bien aussi. Du bien de voir qu'on ne finit pas forcément comme un légume. De voir que les autres ont peur aussi. De voir que d'autres refusent toujours d'accepter la maladie. De voir qu'on n'est pas seuls.

M'étant mise à Twitter l'année dernière (véridique), je me suis mise à suivre des médecins dont je lisais déjà les blog. Et je suis tombée sur un retweet d'un message de Margot (alias @Hermine_sed, qui a un blog et qui fait des vidéos que j'adore). Elle cherchait des personnes ayant des maladies chroniques et qui seraient prêtes à en parler pour faire une grosse vidéo sur laquelle elle prévoyait de "passer de nombreuses heures à se taper la tête contre son écran".

J'ai réfléchi. Je me suis dit qu'envoyer un mail pour avoir plus d'informations ne m’engageait à rien. Puis j'ai encore réfléchi. Et j'ai fait une vidéo de près de 54 minutes. Je n'avais encore JAMAIS autant parlé de la SEP. Du début à la fin. J'ai voulu la refaire car j'étais hors sujet pour certaines choses mais je n'en ai pas eu la force. Je n'avais pas réalisé à quel point cela avait été éprouvant d'en parler, même si c'était seule face à une caméra.

Je parlais déjà peu de la maladie mais ça a été encore moins le cas ensuite. Puis un patient a téléphoné, n'a plus pu se lever un matin. Cela a ravivé ce qu'il s'est passé début 2005 pour moi. "Suspicion de SEP" m'a-t-il dit. Et on sentait dans sa voix qu'il avait peur. Du coup j'ai lâché l'information : "je comprends, j'ai une SEP aussi et la première poussée s'est passée de la même façon".

Nous en avons discuté quand il a pu revenir au cabinet pour son suivi. Il m'a posé plein de questions. Ancien rugbyman, il n'a aucune envie de la laisser faire. Suite à une importante blessure aux cervicales (opération nécessaire), il ne pouvait plus jouer au rugby, sa passion. Mais il est battant, il veut continuer à marcher avec ses filles. Même avec sa canne, il s'en fiche, il veut.

Le fait d'avoir simplement discuté, sans cacher ses peurs ni rien, cela les a aidé. Et je trouve que ce n'est pas assez le cas. J'aurais aimé qu'on en discute de la même façon avec moi au début plutôt que de rester sur un discours purement optimiste. Surtout sachant qu'une soeur de ma mère en est morte.

Cela me fait applaudir le travail de Margot justement. La vidéo qui m'a le plus "émue" dernièrement on va dire est celle-ci : Tu as le droit d'aller mal

Si tu passes ici par hasard (le blog n'étant pas connu il y a peu de chance mais on ne sait jamais) et que tu as une maladie chronique, ou que tu connais quelqu'un qui a une maladie chronique, n'hésite pas à lui montrer ces vidéos. Elles font du bien.

Et pour résumer ce que j'essaie de dire : écoutez les gens. Ne dites pas juste ce qu'il faut faire ou pas, comment ils devraient réagir, etc. Écoutez-les et réagissez en fonction de leurs besoins. 

jeudi 1 octobre 2015

Soupir intérieur

Patron qui me dit 36 trucs en même temps à faire et à enregistrer.
Patient : Vous avez l'air de vous dépêcher.
Moi, en souriant (on notera l'effort) : Oui il faut être partout à la fois.
Patient : Oh ben vous savez c'est normal. Toute ma vie je rentrais le soir après 19h et je n'en suis pas mort.
...
 
...

Merci mon gars. Mine de rien, elle a fait mal cette remarque. Alors certes, cher monsieur, vous ne pouvez pas être au courant. Mais du haut de vos 59 ans, vous n'avez pas de souci de santé en dehors d'un hypothétique peut-être pas dit du tout syndrome d'apnées du sommeil. Du haut de mes 34 ans, je traîne une SEP qui m'en fait voir depuis 2005.

Donc oui, je me dépêche, faut que je note, j'ai du mal à suivre. Je n'en mourrai pas, en effet. Mais le retour de bâton en rentrant va être violent.

Mais bon, c'est rien après tout...

mardi 1 septembre 2015

C'est con hein...

C'est con d'y penser, je n'y suis pas encore. Mais petit à petit me viennent à l'esprit des "détails" qui n'en sont pas vraiment.

Ce qui va changer quand mon patron sera à la retraite ? Pas grand-chose. Si peu.

Je ne saurai pas ce qu'il va arriver à Monsieur G., si gentil, ainsi qu'à son épouse. Ni à Monsieur M. Ni à d'autres auxquels je me suis attachée même si je m’efforce de ne pas le faire. Cela me ronge quand ils ont des soucis de santé ou de moral. Comme si je faisais partie de leurs proches. Je ne devrais pas me sentir aussi proche, je devrais pouvoir le contrôler. Mais avec certains je n'y arrive pas, mes barrières tombent.

Des barrières qui tombent souvent involontairement au fur et à mesure. Et parfois volontairement aussi face à un patient qui a voulu se suicider car diagnostic de SEP en cours. À qui j'ai dit en face que j'en ai une, de SEP. Parce que c'est vrai. Que je le vis mal MAIS que ça ne veut pas forcément dire qu'on ne peut plus rien faire. La preuve. Il a repris du poil de la bête avant de se mettre à boire 3 ans plus tard quand une de ses jambes ne fonctionnait plus du tout. Est mort parce qu'il a tellement bu d'alcool que son foie a lâché.

Autre détail à l'opposé de cette proximité avec les patients. Je parle d'opposé parce qu'il s'agit d'un détail purement matériel. Là il y a eu du retard pour les salaires car le chef de la compta était absent. Soit... Mon compte étant temporairement bloqué, j'ai pris 20 euros dans la caisse. Comme cela m'est déjà arrivé, en mettant un post-it dedans pour ne pas qu'il s'étonne de l'écart le soir. Je les ai empruntés parce que sinon je ne peux plus mettre d'essence pour venir bosser pour avoir de quoi mettre de l'essence pour venir bosser etc. Il sait très bien que je vais les remettre les 20 euros. Je doute qu'une fois que je bosserai ailleurs je pourrais emprunter 20 euros dans une caisse le temps que le salaire soit sur le compte.

Deux "détails" bien à l'opposé mais qui se font de plus en plus présents puisqu'il arrêtera fin juin 2016. C'est loin mais tellement proche. Je me sens presque comme une petite fille qui se demande comment elle va faire ensuite. C'est con hein...

mardi 25 août 2015

Trop plein

J'arrive de plus en plus à ce que je ressens comme un point de non retour.

Des emmerdes au niveau ambiance collègue de travail et administrés/éleveurs/ce que vous voulez, j'en ai eues. J'ai toujours pu les gérer alors que je n'avais pas l'impression d'y arriver.

Mais là...

Une Nème fois, j'ai eu droit au "on a le temps de mourir".

Est-ce que je "vieuconnardise" déjà à 33 ans ? C'est le terme qu'utilise la femme de mon patron envers lui. Il commence à l'utiliser avec moi.

Il doit avec raison mais cette pression permanente, cette façon d'agir de plus en plus fréquente, même lui commence à craquer.

Est-ce parce que j'ai une pathologie à type d'épée de Damoclès au dessus de ma tête qui me rend intransigeante ? Dans le sens où si vous n'arrivez plus du tout à respirer ce n'est pas la peine d'aller chez le pneumologue, allez aux urgences. Si c'est pour des tests allergologiques oui il le fait puisqu'il est allergologue mais non il n'y a pas d'urgence. Surtout que les patients sous traitement anti-H1 ne comprennent souvent pas pourquoi cela ne sert à rien de faire les tests.

Tout le monde n'est pas ainsi et je le sais. Mais j'ai de plus en plus de difficultés à gérer les patients, leurs humeurs, leurs peines, etc. Parfois j'ai l'impression qu'ils me voient comme un robot capable de tout entendre.

J'entends. Je sais écouter. J'ai même déjà discuté suicide avec des patients qui craquaient à cause de leur problèmes de santé, d'argent et de tristesse liée au décès de l'être aimé avec qui ils ont fêté des noces d'or.

J'écoute et j’emmagasine. Un des patients au téléphone a été surpris que je me souvienne de son prénom. Cela ne me semble pas si difficile, d'autant qu'il s'agit d'un patient qui vient régulièrement en contrôle.

J'aimerais que l'on puisse se poser tranquillement. Qu'on puisse expliquer à certains patients faisant un scandale pourquoi ils ne sont pas prioritaires. Pourquoi certains patients devraient par contre s'alarmer plus tôt. Que cela soit aussi entendu par certains médecins (généralistes et spécialistes) qui parfois s'alarment trop ou pas assez.

Je voudrais... mais cela ne se fera pas. Un an avant sa retraite. Réaction des patients : "Mais vous allez faire quoi puisqu'il n'a pas de repreneur ?". Je serai au chômage. Et franchement, pour la première fois de ma vie, j'ai hâte d'y être.

Faire un travail que l'on n'aime pas est une chose. Cela n'empêche de loin pas de bien le faire. Mais finir rongée par ce travail à m'en pourrir les vacances, je ne le veux plus. L'épée de Damoclès de la Salope Et Pétasse est suffisante, inutile d'en rajouter.

lundi 20 juillet 2015

Chers morts

Juste un petit mot pour vous dire que je ne vous oublie pas.

Ce n'est pas parce que je dis de façon détachée "toutes mes condoléances" à vos proches que vous n'avez pas comptés à mes yeux.

Vous avez été là, patients ou non, sympathiques ou non, mais vous avez été.

Il faut toutefois que les vivants se protègent. Il faut que je me protège. C'est nécessaire pour continuer.

Je vous parais peut-être froide mais ce n'est qu'une façade. Vos morts m'ont affectée. Je dois toutefois rester présente pour les vivants.

mercredi 6 mai 2015

Merde

Il aura fallu 7 ans. 7 ans pour que je balance un "merde !" tonitruant dans le couloir, faisant sursauter les patients et le médecin (exploit).

Ce merde était destiné à un ex patient eu au téléphone et ayant été agressif. Il a insulté mon patron, le matériel, etc. A déformé des termes d'un courrier reçu d'un prestataire (bon courage à un ami qui y travaille justement, l'hôpital l'ayant mis chez eux).

Bref, je passe tous les termes que j'ai entendus. Et tout ce qu'il a dit qui n'est pas vrai. Mais attention, il m'a signalé être resté poli après avoir dit que mon patron est un "connard" (faux) et que le matériel c'est "de la merde et obsolète" (re-faux). Ce mec a été agressé physiquement il y a 20 ans mais ce n'est pas une raison pour tout déformer comme il a fait.

J'ai réussi par je ne sais quel miracle à rester calme. J'ai rétabli les différentes vérités et expliqué comment designer un autre médecin. D'autant que c'est l'hôpital qui a désigné, pas nous.

Bref, l'appel de merde du type complètement instable et agressif. Heureusement qu'il ne peut pas se déplacer facilement car c'est le profil type qui dérape très rapidement. Putain de boulot.

Le prestataire et sa médecin traitant ont été mis au courant. Surtout qu'on est "tous des connards". Sa médecin l'a déjà vu partir en vrille et est impuissante.

Néanmoins, l'agression au boulot, cela suffit. Même verbale. J'ai fini par lui répéter pour la cinquième fois comment faire la désignation du médecin par lequel il veut être suivi, lui souhaiter une bonne journée, lui dire au-revoir et raccrocher. Pendant qu'il continuait à proférer des injures.

mardi 28 avril 2015

Vaccination

Je ne suis pas adepte des vaccins à tour de bras façon "big pharma is paying you". Loin de là. Mais quand on sait que le frère d'un patient est décédé à l'âge de 30 ans d'une tuberculose il y a une trentaine d'années, cela fait réfléchir.

Cet homme est décédé aux environs de ma naissance. D'une maladie que je vois au cabinet comme tellement bénigne car peut être soignée à la maison par de simples comprimés (à prendre certes pendant plusieurs mois). Et sans être mis en quarantaine, sauf pour les tuberculoses contagieuses "dans l'air" disons. Et à cette époque il y avait déjà des traitements de ce type.

Maladie non décelée ? Vaccination non faite ? Évolution défavorable très rapide ? On n'en sait rien. Le frère ne sait pas donc comment le savoir ? En tout cas, la vaccination vis-à-vis de la tuberculose a aidé. Et elle aide encore.

Restons ouverts. Du moins essayons au maximum.

lundi 13 avril 2015

Mini lettre ouverte

Chers patients,

Suite à des remarques peu sympathiques depuis ce matin sur les délais de rendez-vous et le fait de ne pas prendre en urgence des non-urgences, je vous prie instamment de vous calmer.

PARCE QUE LÀ, CA ME TITILLE GRAVE DE VOUS RÉPONDRE QUE OUI, VOUS ALLEZ MOURIR D'ICI LÀ !

Or, suite à cette phrase, vous seriez encore moins aimables. Et cela serait justifié. Restons courtois.

Cordialement,

La secrétaire

lundi 2 février 2015

Wow...

Patron : Euh attends... Je me pose juste la question, tu es là depuis combien de temps ?
Moi : J'ai commencé le 2 janvier 2008 ici.
Patron : Ça fait aussi longtemps ?!
Moi : ... euh... wow oui en effet !
Patron : On entame notre septième année ensemble quand-même.

Je suis contente d'avoir du boulot mais... ce que je n'aime pas ce que je fais. Je crois que je n'avais pas envie de compter le nombre d'années passées à faire un travail qui me déplaît. Bon, voyons le bon côté des choses : en juin 2016 c'est sûr il s'arrête.

Repreneur ou pas du cabinet, changement de contrat donc je pars et je "profiterai" des aides en cherchant un nouveau boulot. Il est au courant. Je ne ferai pas ça toute ma vie. L'empathie tue à petit feu. Pas qu'elle mais en grande partie.

jeudi 6 novembre 2014

Une ombre qui plâne

Elle est venue le 24 octobre. C'était la deuxième fois que je la voyais. La première fois date de février. Le médecin la voyait quasiment toutes les semaines dans un EHPAD où il fait des visites toutes les semaines.

Elle était encore plus massive qu'avant. Elle ne bougeait plus de son fauteuil roulant, surtout depuis une chute. Elle était fatiguée.

Elle s'endormait dans son fauteuil. Et ne se réveillait que difficilement. Et surtout, il y avait cette odeur...

J'ai souvent entendu que la mort n'a aucune odeur. Mais elle en a une. Je ne sais comment la décrire mais elle ne cherche pas à cacher son odeur.

Je pense que c'est plutôt que souvent les personnes ne peuvent ou ne veulent pas la sentir. On se sent impuissant au final.

Oui, la mort sentait autour d'elle. Cette odeur caractéristique de toutes les fois où je l'ai vue, directement ou non. Elle l'avait déjà complètement enveloppée.

Elle est décédée tôt ce matin. Soit 12 jours depuis la dernière visite. En effet, la dernière.

mardi 16 septembre 2014

Mon boulot vu par les proches

Je fais une pause. Je n'ai aucune idée de quand ce billet sera publié. Il va être écrit petit à petit au final. Il pourra peut-être être sujet à modification, que je signalerai ici.

Édition le 17 septembre 2014. J'avais oublié le dernier point...

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Je suis... lassée. On peut dire ça comme ça. Au début ça me mettait en colère. Et par moment ça me met encore en colère. Mais je suis surtout lassée maintenant.

Quand j'écoute mes proches, j'ai l'impression qu'il n'y a que eux qui ont un boulot (rayer la mention inutile, s'il y a) :
  • chiant ;
  • stressant ;
  • avec des problèmes avec les clients ;
  • avec des problèmes avec le ou les patrons ;
  • où ils ont l'impression de ne pas être reconnus ;
  • dont ils peuvent se faire virer.
Et surtout, LA remarque ultime : "ton travail est moins pénible que le mien". A laquelle on peut ajouter histoire de faire un combo : "la preuve, tu es parfois sur fesses de bouc".

Bien bien bien. Par où commencer...

Alors oui, je suis sur fesses de bouc. Parfois trop souvent par rapport à ce que je devrais. Alors je ne sais pas pour les autres, mais quand on a un travail stressant ça fait du bien de lâcher du leste sur une plateforme qui, n'en déplaise à certains, n'est pas à prendre au premier degrés dans le social non plus.

Mon travail est chiant. Les tâches sont pénibles car répétitives ou difficiles. J'aimerais bien voir certains de mes proches se retrouver à préparer un dossier pour présentation en réunion de concertation multidisciplinaire (RCP pour les intimes) d'un patient ayant un cancer alors qu'on n'a jamais fait ça avant et qu'on n'a pas le droit à l'erreur sinon faut recommencer et ça retarde la prise en charge du patient.

En plus, je n'aime pas mon boulot. Non mais vraiment. Vraiment vraiment. Mon patron a du mal à y croire parce que d'après lui je le fais bien. Mais bien faire son travail, au du moins faire son maximum, ne veut pas dire qu'on aime ce qu'on fait. On peut être professionnel même quand on n'aime pas un travail.

Stressant vous dites... C'est vrai que mon boulot n'est pas stressant. Entre les dossiers à préparer, les patients et toutes leurs pathologies, le fait de gérer ceux qui ont envie de se tuer, ceux qui viennent d'apprendre que leurs jours sont comptés, ceux qui se sont fait taper dessus et en souffrent encore, ceux qui sont méchants juste pour être méchants, etc. C'est pas stressant ? Non non, du tout. Pareil, j'aimerais bien les voir face au patient qui n'a jamais fumé, qui vient d'apprendre qu'il a un cancer non-opérable et qui vous souhaite "bonne journée". Vous lui répondez quoi ? "Merci vous aussi" ? Sachant qu'il s'en va chez le notaire pour faire son testament ?

Les problèmes avec les patients je ne vais pas revenir dessus pour le moment. C'est assez clair avec ce que j'ai déjà écrit.

Mon patron n'est pas toujours super tip top gentil non plus. Il est très sympa en général, je ne dis pas le contraire. Mais quand il a ses "sales périodes" c'est autre chose... On peut passer de Dr Jekyll à Mister Hyde (c'est marrant pour un médecin non ? non ? ok je sors). Et là il est beaucoup moins drôle et je me prends des remarques pour des choses où je n'y suis pour rien. Et il s'énerve vite, c'est le démarrage au quart de tour...

Quant à la reconnaissance, alors là... Je crois que je ne vais même pas en parler. La seule reconnaissance que j'ai c'est quelques mots gentils de patients ou petites attentions mais c'est si rare par rapport à la masse de travail ! Je ne demande pas à avoir un autel avec des offrandes mais un simple "merci" de la part de tout le monde ce serait bien. C'est normal de dire merci, non ? En tout cas, à la vieille conne que je suis (32 ans), on lui a appris ça. Bon je reconnais que le chèque de fin d'année me permet d'avoir un minimum de reconnaissance mais je préfèrerais une reconnaissance autre que financière.

La stabilité de mon travail est certes meilleure qu'un employé en intérim embauché pour 2 jours puis un hypothétique CDD etc. Mais en attendant, si je fais mal quelque chose en assistant mon patron, ça peut jouer sur la santé d'un patient. On fait parfois des ponctions pleurales. On met des patients sous oxygène. Un mauvais geste ou un mauvais réglage et les choses peuvent mal se passer. Et donc mon CDI en pâtir, voire être rompu.

Bref, je ne travaille pas, mon travail n'est pas fatigant, il est facile, etc. Enfin je dis ça vu que ce seulement les autres qui ont un travail difficile. Et que les remarques sont faciles de l'extérieur :(

mercredi 10 septembre 2014

J'ai envie de dire zut, flutte, crotte... chiiier !

L'homme au téléphone, voix détachée, ton froid et avec l'air franchement emmerdé (emmerdé par la paperasse, pas par la tristesse) : 

"Ma maman est décédé et je ne sais pas qui je dois contacter pour qu'il récupère l'appareil."

C'est à ce moment-là que s'est mise à résonner dans ma tête l'éternelle inquiétude de cette patiente. Patiente qui a fumé de très longues années et qui a fini par avoir besoin d'oxygène. Patiente qui avait ENFIN réussi à s'arrêter de fumer et commençait à se sentir mieux. Elle avait même réussi à reprendre un peu de poids et à dépasser les 45 kg (oui oui, 45 kg).

Son inquiétude était simple :

"Mais Fanny, quand je vais mourir, qui va s'occuper de ma chienne ? Elle est vieille, personne ne la voudra en plus...".

J'ai appris aujourd'hui, alors qu'elle est décédée il y a 2 jours, qu'elle avait deux enfants. Elle ne m'en avait jamais parlés, c'est mon patron qui me l'a dit. Ses enfants lui avaient tourné le dos depuis bien des années, ils vivaient ailleurs et ne venait pas la voir.

Quant à son mari, il la battait. Elle est restée avec lui. Il est mort il y a quelques années seulement. Quelques années qu'elle a enfin pu vivre à peu près tranquillement.

"Qui va prendre soin de ma chienne ?" me demandait-elle toujours, les larmes aux yeux...

Je ne sais pas Marie-Claire. Je ne sais pas ce qu'elle va devenir. J'espère que le fils ne fera pas n'importe quoi.

lundi 4 août 2014

Constatation

Il y a des différences parfois minimes dans la façon dont les médecins dictent un courrier.

Je ne parle même pas de la façon d'articuler, du fait de parler tellement loin du dicactaphone que ça devient incomprhénsible, non non.

La for-mu-la-tion.

Exemple de la remplaçante zalacong (je vais l'appeler comme ça maintenant) :

La radiographie thoracique semble normale.

Mon avis d'ancienne L critique :

Euh.. elle n'est pas sûre de ce qu'elle dit, c'est ça ?

Le cas de mon patron et de la remplaçante qui rox :

La radiographie thoracique est normale.

Mon avis de patiente (je pense avoir un bon regard avec la Salope Et Pétasse) :

Ah ben au moins, là le médecin est sûr de lui.

Ce n'est pas que mais... ça me dérange c'est impression de doute. Alors j'admets, c'est probablement plus dans une optique de se protéger.

Pourquoi se protéger ? Admettons qu'un patient vienne et qu'il n'y ait rien de spécial. Un an plus tard, celui-ci revient pour râler que le médecin n'a pas été capable de voir qu'il y avait un cancer du poumon et qu'à l'hôpital au moins EUX ils l'ont vu. Sauf que... Ils l'ont peut-être vu avec d'autres imageries qu'une radiographie standard. Ils ont peut-être fait un prélèvement. Il n'y avait peut-être en effet rien lors de la première consultation mais le cancer a poussé entre temps. Et après, qui est emmerdé ? C'est bibi, comme dirait mon patron.

En fait je crois que je préfère aussi me dire que c'est pour se protéger et pas par manque d'assurance. Ce serait vraiment inquiétant sinon.

vendredi 25 juillet 2014

Un petit rien qui fait beaucoup

La remplaçante, voyant le nom du prochain patient :
Ohhhhh mais je l'ai vu à l'hôpital !

Puis en allant le chercher en salle d'attente :
Vous vous rappelez de moi ? Je vous ai vu quand vous étiez hospitalisé.

Pour moi, cela fait partie du fait d'être un "bon médecin". Se souvenir de patients qu'elle a vu en hospitalisation même plus d'un mois avant et s'en souvenir vu le nombre de personnes qu'elle voit, c'est impressionnant. Il n'y en a pas (plus ?) beaucoup des médecins comme ça j'ai l'impression...

C'est quelque chose qui paraît tellement banal mais le patient se sent de suite plus en confiance, même s'il n'avait pas envie de venir à la base et que c'était au stade où ça "l'emmerde".

vendredi 18 juillet 2014

La question qui tue

La remplaçante : Les parents n'étaient pas contents du tout de l'autre remplaçante. Ils m'ont dit qu'elle n'a même pas auscultée leur fille. C'est vrai ?
Moi : ... franchement ? Je le crois. Et ce ne sont pas les premiers à le dire.
La remplaçante : ... mais comment on peut ne pas ausculter un patient ?!
Ah ça, c'est une bonne question. Je ne comprends pas non plus. Pour ne pas attraper la tuberculose peut-être ? Ah mais non, suis-je bête, il faut être en contact avec une personne contagieuse pendant au moins 8 heures pour ça. [troll inside, je me comprends]