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lundi 7 avril 2014

Le trou de la sécu

Une des choses pouvant expliquer le fameux "trou de la sécu", c'est quand nous avons ce genre de cas : une patiente de plus de 80 ans, fatiguée, qui a mal. Et pour cause : elle a un cancer pulmonaire avec métastases osseuses. Vu son âge et son état de fatigue avec également un ras le bol général, elle ne sera pas opérée.

Les dossiers sont présentés lors d'une réunion pluridisciplinaire. En gros la réunion des grands pontes de la médecine pour décider du traitement le mieux adapté au patient.

Dans ce contexte, toute une série d'examen est demandé dont des imageries pour écarter toute localisation secondaire en cas d'opération possible.

Patiente non opérable et ne souhaitant de toute façon pas se faire opérer, mon patron a décidé de ne pas lui faire le bilan d'extension, comme il le fait toujours dans ce cas-là. Réaction des grands pontes : il faut lui faire un bilan TOTAL d'extension voyons !

D'un côté mon patron a le son de cloche de grands professeurs qui disent qu'il est inutile de balancer encore des rayons aux patient et de programmer des examens ayant un tel coût quand ce n'est pas nécessaire et d'un autre le son de cloche des grands pontes qui veulent tout quand même parce que... ben... juste "parce que" en fait.

Si le ménage pouvait être fait pour les examens demandés au titre du "parce que" et non par nécessité, on ferait sûrement des économies... Sans compter le délai d'attente du patient qui est rallongé, pendant lequel il stresse encore plus et a le temps d'avoir des douleurs plus importantes.

vendredi 29 novembre 2013

Un coup de pied dans la fourmilière pour bientôt ?

Monsieur M. bénéficie d'une ventilation par PPC car il fait des apnées du sommeil. Il a changé de médecin prescripteur car il connaît mon employeur. Jusque là, tout va bien.

La demande d'entente préalable arrive, remplie sur une feuille en ALD. Or, il n'y a que deux ALD qui prennent en charge la PPC : celle pour l'hypertension artérielle sévère et celle pour insuffisance respiratoire chronique. Il n'a ni l'une, ni l'autre.

Je demande donc au prestataire de refaire la DEP non en ALD. Ils ont tenu à informer le patient car "cela a pourtant toujours été fait en ALD". J'ai juste envie de dire que je m'en contre-fiche si le médecin d'avant faisait ça alors qu'il n'aurait pas dû. C'était son problème. Là ça devient le mien et surtout celui de mon employeur en cas de vérification.

Le patient téléphone ce matin pour dire qu'il ne comprend pas. Je lui explique tout. Et surtout que les contrôles sont de plus en plus fréquents, d'autant qu'il y a eu beaucoup d'abus. Le résultat ? Il va demander à son médecin pour avoir une ALD soit pour HTA sévère, soit pour IRC afin de continuer à bénéficier de la prise en charge à 100 % de sa PPC.

J'ai presque envie de dire "lol, pour l'HTA tu peux te brosser et pour l'IRC tu crois qu'avec des valeurs fonctionnelles normales tu vas l'avoir ?". C'est fou ce système d'acquis... Surtout pour un traitement pris en charge avec des tarifs définis par la sécu et non par les prestataires.

Comme dit mon employeur, si monsieur le président fout un gros coup de pieds dans la fourmilière il va y en avoir du français râleur dans la rue pour des acquis dont il n'a toujours pas compris à quoi ils correspondent...

vendredi 7 juin 2013

Une connerie de plus de certains professionnels de santé !

Il existe une carte bancaire "magique". Elle se nomme "carte avance santé", délivrée par certaines mutuelles.

En quoi est-elle magique ? Le compte bancaire du patient est débité seulement quand le remboursement des soins a été effectué par la sécurité sociale et la mutuelle. Donc pas d'avance des frais sauf s'il y a des dépassements d'honoraires non pris en charge par la mutuelle.

Une patiente a souhaité régler par carte bancaire. Aucun problème. Elle me donne donc sa carte "classique" et je vois dans la pochette une carte avance santé. Je lui dis qu'elle peut régler avec.

Elle a eu un air tellement surpris... C'est la première (PREMIÈRE !!!) fois qu'elle a pu s'en servir. Elle m'a dit que partout ailleurs cette carte a été refusée.

C'est idiot. C'est con même. Cela n'a pas lieu d'être. Certes c'est plus long car une demande d'autorisation est requise à chaque fois et parfois le serveur ne répond pas de suite et il faut recommencer. Mais sinon, en quoi est-ce problématique ? Du côté du professionnel de santé, cela ne change rien : il est payé de suite. C'est uniquement pour le patient qu'il y a un bénéfice à l'utilisation. Aucune pénalité, ni chez le médecin, ni chez le patient.

J'ose espérer que cela va enfin changer, plusieurs patients m'ont déjà dit que "tous les médecins ne l'acceptent pas". Et ils n'ont bien sûr pas d'explication mais peuvent régler par carte bancaire.

Si des personnes lisent ce message : médecins, acceptez cette carte. Elle ne change rien pour vous. Et vous, patients, insistez pour pouvoir vous en servir, elle est fait spécialement pour cela.


samedi 25 mai 2013

Et c'est reparti...

La grande utopiste que je suis par moment est de nouveau en train de s'énerver.

Une fois de plus des directives à la con ont été données aux sécurités sociales, à savoir envoyer d'emblée un courrier de refus de prise en charge de PPC aux patients. Pendant qu'ils nous envoient un courrier demandant des informations complémentaires pour justifier cette prise en charge.

Que se passe-t-il ? Les patients, effrayés, contactent la sécu qui ne comprend pas. Puis me contactent moi. Heureusement que j'ai eu le service médical qui m'a expliqué sinon je ne comprendrais toujours pas. Enfin je ne comprends toujours pas mais au moins je sais quoi leur dire, à savoir qu'ils reçoivent un courrier dont ils n'ont pas à tenir compte car c'est à nous de transmettre le nécessaire.

Pourquoi effrayer les patients ? Ce n'est pas transmettre des justificatifs supplémentaires qui me donnent le plus de travail dans l'histoire mais le fait de devoir rassurer les patients car la personne lambda du centre téléphonique de la sécu ne le peut pas car elle n'est même pas au courant (ce qu'on m'a confirmé...).

Un monde de confiance. Ce serait fantastique. Mais tant que des médecins feront les cons, ce n'est pas près d'arriver :-S