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vendredi 15 septembre 2017

Et plus d'un an après ?

Je me suis dit que j'allais faire un petit point. Mon contrat comme secrétaire/assistante médicale a pris fin le 29 juin 2016. J'avais démissionné pour ne pas travailler avec un repreneur n'ayant rien d'un médecin pour moi, à part certaines notions.

Je suis peut-être dure, mais quand je vois qu'il y avait des choses que je savais mieux faire, mieux gérer, mieux diagnostiquer même (un comble !!!) face à quelqu'un qui ne pensait qu'à l'argent, arrivait tout le temps en retard, prescrivait à tout va (tu n'as pas besoin mais allons-y je te fais une ordo pour de la Ventoline, WTF?!)... Ben ça ne donnait pas envie de rester. Surtout quand il veut jouer au con avec la réglementation du travail et essayer de tout me mettre dans l'os.

Après il y a aussi le fait que je n'aimais pas mon travail. Je me pliais en quatre pour le médecin et les patients mais je n'aimais pas. J'étais bouffée par mon empathie et l'énergie que je déployais pour les autres au lieu d'en garder un peu pour moi avec la Salope Et Pétasse.

Je suis contente de ne plus travailler là-bas. C'est un fait.

Mon ancien patron ne me manque pas car je continue à papoter avec lui et à le voir.

Par contre, il y a des patients qui me manquent. Ils sont plus nombreux et me manquent plus que ce que j'aurais imaginé.

Je vais d'ailleurs reprendre contact avec certains d'entre eux. Maintenant que tout s'est bien tassé, que la page est bien tourné et qu'il n'y a plus de risque vis-à-vis du repreneur.

C'était une belle et difficile expérience au final.

lundi 4 janvier 2016

J'ai parlé

Je ne sais pas si ce que j'ai fait est une bonne chose. Enfin si, au fond de moi je suis convaincue que c'est le cas. Mais il y a toujours un doute.

Il m'est arrivé de lâcher à de rares patients que j'ai une sclérose en plaques. Pourquoi ? Parce qu'il s'agissait de patient ayant des problèmes neurologiques similaires, voire justement une SEP. Et qui étaient désemparés.

Il m'a semblé que cela leur a fait du bien d'en parler. De parler de leurs inquiétudes, de me poser des questions. Et j'avoue que lorsque j'ai eu ce rapport avec un patient âgé ayant une SEP de longue date et à qui j'ai demandé si je pouvais lui en parler, en ayant moi-même une, cela m'a fait du bien aussi. Du bien de voir qu'on ne finit pas forcément comme un légume. De voir que les autres ont peur aussi. De voir que d'autres refusent toujours d'accepter la maladie. De voir qu'on n'est pas seuls.

M'étant mise à Twitter l'année dernière (véridique), je me suis mise à suivre des médecins dont je lisais déjà les blog. Et je suis tombée sur un retweet d'un message de Margot (alias @Hermine_sed, qui a un blog et qui fait des vidéos que j'adore). Elle cherchait des personnes ayant des maladies chroniques et qui seraient prêtes à en parler pour faire une grosse vidéo sur laquelle elle prévoyait de "passer de nombreuses heures à se taper la tête contre son écran".

J'ai réfléchi. Je me suis dit qu'envoyer un mail pour avoir plus d'informations ne m’engageait à rien. Puis j'ai encore réfléchi. Et j'ai fait une vidéo de près de 54 minutes. Je n'avais encore JAMAIS autant parlé de la SEP. Du début à la fin. J'ai voulu la refaire car j'étais hors sujet pour certaines choses mais je n'en ai pas eu la force. Je n'avais pas réalisé à quel point cela avait été éprouvant d'en parler, même si c'était seule face à une caméra.

Je parlais déjà peu de la maladie mais ça a été encore moins le cas ensuite. Puis un patient a téléphoné, n'a plus pu se lever un matin. Cela a ravivé ce qu'il s'est passé début 2005 pour moi. "Suspicion de SEP" m'a-t-il dit. Et on sentait dans sa voix qu'il avait peur. Du coup j'ai lâché l'information : "je comprends, j'ai une SEP aussi et la première poussée s'est passée de la même façon".

Nous en avons discuté quand il a pu revenir au cabinet pour son suivi. Il m'a posé plein de questions. Ancien rugbyman, il n'a aucune envie de la laisser faire. Suite à une importante blessure aux cervicales (opération nécessaire), il ne pouvait plus jouer au rugby, sa passion. Mais il est battant, il veut continuer à marcher avec ses filles. Même avec sa canne, il s'en fiche, il veut.

Le fait d'avoir simplement discuté, sans cacher ses peurs ni rien, cela les a aidé. Et je trouve que ce n'est pas assez le cas. J'aurais aimé qu'on en discute de la même façon avec moi au début plutôt que de rester sur un discours purement optimiste. Surtout sachant qu'une soeur de ma mère en est morte.

Cela me fait applaudir le travail de Margot justement. La vidéo qui m'a le plus "émue" dernièrement on va dire est celle-ci : Tu as le droit d'aller mal

Si tu passes ici par hasard (le blog n'étant pas connu il y a peu de chance mais on ne sait jamais) et que tu as une maladie chronique, ou que tu connais quelqu'un qui a une maladie chronique, n'hésite pas à lui montrer ces vidéos. Elles font du bien.

Et pour résumer ce que j'essaie de dire : écoutez les gens. Ne dites pas juste ce qu'il faut faire ou pas, comment ils devraient réagir, etc. Écoutez-les et réagissez en fonction de leurs besoins. 

jeudi 1 octobre 2015

Soupir intérieur

Patron qui me dit 36 trucs en même temps à faire et à enregistrer.
Patient : Vous avez l'air de vous dépêcher.
Moi, en souriant (on notera l'effort) : Oui il faut être partout à la fois.
Patient : Oh ben vous savez c'est normal. Toute ma vie je rentrais le soir après 19h et je n'en suis pas mort.
...
 
...

Merci mon gars. Mine de rien, elle a fait mal cette remarque. Alors certes, cher monsieur, vous ne pouvez pas être au courant. Mais du haut de vos 59 ans, vous n'avez pas de souci de santé en dehors d'un hypothétique peut-être pas dit du tout syndrome d'apnées du sommeil. Du haut de mes 34 ans, je traîne une SEP qui m'en fait voir depuis 2005.

Donc oui, je me dépêche, faut que je note, j'ai du mal à suivre. Je n'en mourrai pas, en effet. Mais le retour de bâton en rentrant va être violent.

Mais bon, c'est rien après tout...

mercredi 6 mai 2015

Merde

Il aura fallu 7 ans. 7 ans pour que je balance un "merde !" tonitruant dans le couloir, faisant sursauter les patients et le médecin (exploit).

Ce merde était destiné à un ex patient eu au téléphone et ayant été agressif. Il a insulté mon patron, le matériel, etc. A déformé des termes d'un courrier reçu d'un prestataire (bon courage à un ami qui y travaille justement, l'hôpital l'ayant mis chez eux).

Bref, je passe tous les termes que j'ai entendus. Et tout ce qu'il a dit qui n'est pas vrai. Mais attention, il m'a signalé être resté poli après avoir dit que mon patron est un "connard" (faux) et que le matériel c'est "de la merde et obsolète" (re-faux). Ce mec a été agressé physiquement il y a 20 ans mais ce n'est pas une raison pour tout déformer comme il a fait.

J'ai réussi par je ne sais quel miracle à rester calme. J'ai rétabli les différentes vérités et expliqué comment designer un autre médecin. D'autant que c'est l'hôpital qui a désigné, pas nous.

Bref, l'appel de merde du type complètement instable et agressif. Heureusement qu'il ne peut pas se déplacer facilement car c'est le profil type qui dérape très rapidement. Putain de boulot.

Le prestataire et sa médecin traitant ont été mis au courant. Surtout qu'on est "tous des connards". Sa médecin l'a déjà vu partir en vrille et est impuissante.

Néanmoins, l'agression au boulot, cela suffit. Même verbale. J'ai fini par lui répéter pour la cinquième fois comment faire la désignation du médecin par lequel il veut être suivi, lui souhaiter une bonne journée, lui dire au-revoir et raccrocher. Pendant qu'il continuait à proférer des injures.

lundi 13 avril 2015

Mini lettre ouverte

Chers patients,

Suite à des remarques peu sympathiques depuis ce matin sur les délais de rendez-vous et le fait de ne pas prendre en urgence des non-urgences, je vous prie instamment de vous calmer.

PARCE QUE LÀ, CA ME TITILLE GRAVE DE VOUS RÉPONDRE QUE OUI, VOUS ALLEZ MOURIR D'ICI LÀ !

Or, suite à cette phrase, vous seriez encore moins aimables. Et cela serait justifié. Restons courtois.

Cordialement,

La secrétaire

jeudi 6 novembre 2014

Une ombre qui plâne

Elle est venue le 24 octobre. C'était la deuxième fois que je la voyais. La première fois date de février. Le médecin la voyait quasiment toutes les semaines dans un EHPAD où il fait des visites toutes les semaines.

Elle était encore plus massive qu'avant. Elle ne bougeait plus de son fauteuil roulant, surtout depuis une chute. Elle était fatiguée.

Elle s'endormait dans son fauteuil. Et ne se réveillait que difficilement. Et surtout, il y avait cette odeur...

J'ai souvent entendu que la mort n'a aucune odeur. Mais elle en a une. Je ne sais comment la décrire mais elle ne cherche pas à cacher son odeur.

Je pense que c'est plutôt que souvent les personnes ne peuvent ou ne veulent pas la sentir. On se sent impuissant au final.

Oui, la mort sentait autour d'elle. Cette odeur caractéristique de toutes les fois où je l'ai vue, directement ou non. Elle l'avait déjà complètement enveloppée.

Elle est décédée tôt ce matin. Soit 12 jours depuis la dernière visite. En effet, la dernière.

vendredi 25 juillet 2014

Un petit rien qui fait beaucoup

La remplaçante, voyant le nom du prochain patient :
Ohhhhh mais je l'ai vu à l'hôpital !

Puis en allant le chercher en salle d'attente :
Vous vous rappelez de moi ? Je vous ai vu quand vous étiez hospitalisé.

Pour moi, cela fait partie du fait d'être un "bon médecin". Se souvenir de patients qu'elle a vu en hospitalisation même plus d'un mois avant et s'en souvenir vu le nombre de personnes qu'elle voit, c'est impressionnant. Il n'y en a pas (plus ?) beaucoup des médecins comme ça j'ai l'impression...

C'est quelque chose qui paraît tellement banal mais le patient se sent de suite plus en confiance, même s'il n'avait pas envie de venir à la base et que c'était au stade où ça "l'emmerde".

vendredi 18 juillet 2014

La question qui tue

La remplaçante : Les parents n'étaient pas contents du tout de l'autre remplaçante. Ils m'ont dit qu'elle n'a même pas auscultée leur fille. C'est vrai ?
Moi : ... franchement ? Je le crois. Et ce ne sont pas les premiers à le dire.
La remplaçante : ... mais comment on peut ne pas ausculter un patient ?!
Ah ça, c'est une bonne question. Je ne comprends pas non plus. Pour ne pas attraper la tuberculose peut-être ? Ah mais non, suis-je bête, il faut être en contact avec une personne contagieuse pendant au moins 8 heures pour ça. [troll inside, je me comprends]

mercredi 16 juillet 2014

* Le téléphone sonne *

Le nouveau patient : Bonjour j'ai pris rendez-vous pour le premier septembre et je voudrais avancer mon rendez-vous.
La secrétaire, sentant venir l'orage : Je n'ai pas de place avant.

[NDLR : la secrétaire est obligée de répéter 3 fois car le monsieur patient n'a soi-disant pas entendu...]

Le nouveau patient, qui a perdu toute son amabilité : Non mais attendez on est en juillet là !
La secrétaire, lassée de répéter la même chose : Oui et juillet et août sont déjà remplis depuis longtemps...
Le nouveau patient, franchement agacé : Pfff non mais c'est fou ça... Bon ben on verra bien si je peux venir ou pas.
Comment dire... La personne qui crache ses poumons avec du sang et qui a une image "bizarre" au poumon, oui c'est urgent. La personne qui éternue et qui "en a marre", non. ce n'est pas urgent. Vraiment, je vous le promets.

mercredi 11 juin 2014

Le corps disparaît, les souvenirs restent 1/4 ?

Sur l'ordinateur du secrétariat, il y a un dossier que j'ouvre peu. Et quand je l'ouvre, ce n'est jamais pour une bonne nouvelle. En même temps, le nom veut tout dire : patients décédés.

Il faut bien que je garde les fichiers quelque part. Enfin c'est mon avis, même si les courriers en question sont dans les dossiers papiers et donc archivez avec le dossier complet pour 20 ans.

Voir ces noms... Des noms qui évoquent de tout. Mais vraiment de tout.

Les qualificatifs qui passent dans ma petite tête ? Une personne gentille, émouvante, adorable, énervante, souriante ou faisant sourire, chieuse, etc.

De tout je disais.  Il y a des noms qui ne m'évoquent rien mais souvent des souvenirs y sont liés... J'ai envie de me souvenir d'eux plus longtemps que ce que je pourrais en les évoquant ainsi. Cela pourra peut-être choquer, mais ce sont mes souvenirs.

  • Monsieur B., sur son lit d'hôpital après une récidive d'un cancer pulmonaire avec localisation cérébrale. D'une maigreur effrayante car n'arrivant plus à manger tellement il avait mal. Malgré les médicaments. Il a réussi à s'en sortir mais est décédé moins d'un an plus tard.
  • Monsieur B., monsieur imposant de part son surpoids et surtout le fait de refuser de se lever de son fauteuil roulant, sans raison. Il pouvait se déplacer. Et son épouse, si fluette, toujours présente et qui encaissait sa mauvaise humeur.
  • Monsieur B., un vieux monsieur fatigué qui ne voyait quasiment plus ses enfants apparemment. Et lui ne pouvait plus conduire, ce qui n'aidait pas.
  • Monsieur B., si gentil malgré tout ce qu'il a eu sur la figure comme soucis de santé. Est décédé d'un coup alors qu'il tenait face à tellement de problèmes respiratoires graves.
  • Monsieur C., la plus surprenante façon d'apprendre la mort d'un patient. Je l'ai évoquée dans ce billet.
  • Madame C., aux problèmes neurologiques nombreux. Et graves. Qui lors de sa dernière consultation est arrivée en ambulance sur un lit car elle ne pouvait plus bouger.
  • Madame C., une arabe oh mon dieu quelle horreur... Tellement gentille, douce, souriante auprès de son mari. Se dire quand on va à un marché aux puces qu'à cet endroit on l'a vue, s'en souvenir dans tous les villages où on l'a croisée et se dire qu'on ne la reverra plus cette année...
  • Madame C., une emmerdeuse. Vraiment. Comme son mari. Je pense qu'il y avait un profond manque de bonheur chez elle qui se répercutait de cette façon.
  • Madame C., de la robe de qui un cafard mort est une fois tombée. Ramassé discrètement parce que déjà l'odeur n'était pas géniale mais si en plus les patients avaient remarqué ça... Gentil derrière son masque de femme bourrue. Mais n'ayant pas eu accès à une éducation, avec les conséquences que cela implique.
  • Madame F., qui voulait mourir. Elle était vieille, fatiguée. Ses enfants voulaient la maintenir en vie mais elle a choisi de se laisser partir.
  • Monsieur F., vieil homme qui ne paraissait pas sympathique au premier abord. Mais on sentait vite que c'était juste une façade. Tellement gentil en fait et qui aimait bien rigoler.

mardi 20 mai 2014

Veto à prévoir pour les congés d'été ?

Cette article était dans les brouillons depuis février. Vu comment ont été les deux jours où "elle" a été là, je n'avais plus vraiment envie de continuer. Je crois que je n'ai plus besoin de le compléter, on sait ce qu'il en est...

J'essaie autant que possible de ne pas juger les gens trop vite. Sauf que je n'arrive pas toujours à le contrôler...
Le premier remplaçant que j'ai connu n'était vraiment pas "terrible" on va dire. Pas très accueillant et surtout tout le temps en train de me demander ce qu'il faut faire. Il avait oublié que le médecin c'était lui et ça ne rassurait pas du tout les patients... Quand mon patron fait des gaz du sang, je n'entends rien. Là, j'ai chaque fois entendu des "aïe" bien prononcés et les patients s'en souviennent encore. Une patiente a même fait un malaise et n'a plus voulu revenir... Mais bon, de toute façon, ce n'est pas avec des tests allergologiques qu'il allait "gagner sa vie" comme il m'a dit. Ok, bye.

Deuxième remplaçante... Un pur bonheur, dans tous les sens du terme. Elle savait ce qu'elle faisait ou ne faisait pas et pourquoi, était très gentille, etc. Même les patients l'ont aimée. Sauf qu'un pneumologue a réussi à en faire son associée (ou plutôt son esclave) en racontant des conneries à tout le monde. On a quelques contacts et on ne manque pas de se saluer par mail ou via mon patron lors de congrès.

Troisième remplaçante, rien à signaler non plus. J'ai mis la deuxième sur un piédestal donc je n'arrive pas à la mettre au même niveau mais il n'y avait vraiment rien à redire. Pour preuve, les patients l'ont appréciée aussi, ce qui veut tout dire.

mercredi 30 avril 2014

Faire-part de décès

Madame C., voix neutre habituelle : Suite à la consultation du 4 avril, il me faut un papier pour le remboursement de la mutuelle ?

Moi : Non tout est transmis directement.

Madame C. : D'accord. Je préférais être sûre.

Moi : Mais si vous en avez besoin je vous sors le papier.

Madame C. : Non ce sera bon. Par contre il faut que je vous dise autre chose...

Moi : Oui ?

Madame C., toujours de la même voix : Mon mari est décédé.

Moi : ... toutes mes condoléances.

 Madame C. : Merci. Tous ces examens pour rien, il est mort pendant l'intervention...

Comment dire... je ne m'attendais pas à une telle annonce. Surtout quand la discussion commence par une question d'ordre administratif pour les remboursements. Chacun a sa façon de faire pour réussir à annonce un décès...

lundi 7 avril 2014

Le trou de la sécu

Une des choses pouvant expliquer le fameux "trou de la sécu", c'est quand nous avons ce genre de cas : une patiente de plus de 80 ans, fatiguée, qui a mal. Et pour cause : elle a un cancer pulmonaire avec métastases osseuses. Vu son âge et son état de fatigue avec également un ras le bol général, elle ne sera pas opérée.

Les dossiers sont présentés lors d'une réunion pluridisciplinaire. En gros la réunion des grands pontes de la médecine pour décider du traitement le mieux adapté au patient.

Dans ce contexte, toute une série d'examen est demandé dont des imageries pour écarter toute localisation secondaire en cas d'opération possible.

Patiente non opérable et ne souhaitant de toute façon pas se faire opérer, mon patron a décidé de ne pas lui faire le bilan d'extension, comme il le fait toujours dans ce cas-là. Réaction des grands pontes : il faut lui faire un bilan TOTAL d'extension voyons !

D'un côté mon patron a le son de cloche de grands professeurs qui disent qu'il est inutile de balancer encore des rayons aux patient et de programmer des examens ayant un tel coût quand ce n'est pas nécessaire et d'un autre le son de cloche des grands pontes qui veulent tout quand même parce que... ben... juste "parce que" en fait.

Si le ménage pouvait être fait pour les examens demandés au titre du "parce que" et non par nécessité, on ferait sûrement des économies... Sans compter le délai d'attente du patient qui est rallongé, pendant lequel il stresse encore plus et a le temps d'avoir des douleurs plus importantes.

vendredi 21 mars 2014

Ironie ?

Le patient, récidive d'un cancer avec ô joie une localisation dans l'autre poumon en plus :
Le rendez-vous c'est le 8 avril ? C'est le jour de mes 55 ans...

Moi, dépitée et face à un patient qui sait très bien ce que j'en pense :
... j'adore l'ironie du sort...
 
Le patient :
Je ne vous le fais pas dire. Déjà la première fois j'ai été hospitalisé pour l'opération le jour de notre anniversaire de mariage.

Sans commentaire...

jeudi 23 janvier 2014

Bientôt...

Découvrez la nouvelle émission de télé-réalité "Mes patients, ma secrétaire et moi" :
 
... de l'amour (vieux-beau dragueur en titre de la secrétaire)
 
... du sang (ben oui, à écouter certaines personnes, ça saigne horriblement lors des tests cutanées)
 
... du suspens (le médecin a-t-il raison sur le diagnostic ?)
 
... des envies de meurtres (l'époux de la patiente qui tutoie le médecin et t'agresse parce que tu n'as pas de rendez-vous "alors qu'elle revoit le cardiologue le 6 mars et qu'il veut les résultats")
 
... de l'humour (ça ? c'est la machine qui pète)
 
... des questions existentielles dignes des plus grands philosophes (on demande le deuxième polygraphe à partir de la dernière semaine de février ou pour début mars ?)

Émission disponible de suite dans votre cabinet médical préféré (ou pas). À bientôt !

[Ok c'est nul. J'essaie d'évacuer comme je peux le stress qu'on est en train de se prendre ces derniers temps avec mon patron.]

lundi 20 janvier 2014

"Vous faites du mieux que vous pouvez je suis sûre"

"Je suis essoufflée, j'ai du mal à respirer. J'ai été en arrêt la semaine dernière et cette semaine aussi à cause de ça."

Ok. Donc au téléphone tu es aussi essoufflée qu'une personne normale. Pas de mots entre-coupés, pas de sifflements, etc. Je veux bien, au début je me faisais avoir mais là non, faut pas déconner. Surtout quand on me dit avoir insisté auprès du MG pour avoir un arrêt de travail pour ce problème d’essoufflement et dire que les médicaments n'aident pas alors qu'ils ont à peine commencé à être pris.

"Je compte sur vous si vous avez un désistement cette semaine hein."

Aloooooooors... Du monde en plus, du monde en plus, du monde en plus et des cancers à voir pour qu'ils soient annoncés aux personnes qui les "hébergent", des crachats de sang, des douleurs qui ne cèdent pas depuis des mois, etc. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne peux rien lui promettre -_-

"Vous faites du mieux que vous pouvez je suis sûre"

Passe-moi de la pommade, ça n'ira pas plus vite...

lundi 16 décembre 2013

Non mais quel culot...

Monsieur M. avait normalement rendez-vous à 14h00. Monsieur M. a un peu plus de 30 ans, est asthmatique et s'est déjà retrouvé plusieurs fois en réa (il fume toujours).

Je l'appelle. Il me dit que je lui ai noté le rendez-vous pour demain à 14h00. C'est marrant, il m'a déjà fait le coup au précédent rendez-vous...

Mon patron, plutôt énervé car il le connaît depuis petit et qu'il rate très souvent ses rendez-vous, sans aucune excuse, m'a pris le téléphone.

Il en ressort que c'est ma faute (mais comme la fois d'avant il n'a plus le papier que j'ai fait) et que ce n'est pas la première fois. Du coup, mon patron a sorti le grand jeu, devant moi :

"Ah ben si c'est elle qui s'est trompée et qu'en plus ce n'est pas la première fois je ne vais pas laisser passer ça. C'est inadmissible. D'ailleurs sa prime de Noël va sauter, aucune raison que je cautionne son manque d'attention."

Heureusement que je le connais :D Le but était de faire réagir ce patient. Qui a trouvé tout à fait normal que ma prime de Noël me soit sucrée vu que je me trompe régulièrement.

Mon patron lui a donné un autre rendez-vous. Et il m'a dit qu'on aura une petite discussion tous les trois. Mouahahahahaha...

vendredi 29 novembre 2013

Un coup de pied dans la fourmilière pour bientôt ?

Monsieur M. bénéficie d'une ventilation par PPC car il fait des apnées du sommeil. Il a changé de médecin prescripteur car il connaît mon employeur. Jusque là, tout va bien.

La demande d'entente préalable arrive, remplie sur une feuille en ALD. Or, il n'y a que deux ALD qui prennent en charge la PPC : celle pour l'hypertension artérielle sévère et celle pour insuffisance respiratoire chronique. Il n'a ni l'une, ni l'autre.

Je demande donc au prestataire de refaire la DEP non en ALD. Ils ont tenu à informer le patient car "cela a pourtant toujours été fait en ALD". J'ai juste envie de dire que je m'en contre-fiche si le médecin d'avant faisait ça alors qu'il n'aurait pas dû. C'était son problème. Là ça devient le mien et surtout celui de mon employeur en cas de vérification.

Le patient téléphone ce matin pour dire qu'il ne comprend pas. Je lui explique tout. Et surtout que les contrôles sont de plus en plus fréquents, d'autant qu'il y a eu beaucoup d'abus. Le résultat ? Il va demander à son médecin pour avoir une ALD soit pour HTA sévère, soit pour IRC afin de continuer à bénéficier de la prise en charge à 100 % de sa PPC.

J'ai presque envie de dire "lol, pour l'HTA tu peux te brosser et pour l'IRC tu crois qu'avec des valeurs fonctionnelles normales tu vas l'avoir ?". C'est fou ce système d'acquis... Surtout pour un traitement pris en charge avec des tarifs définis par la sécu et non par les prestataires.

Comme dit mon employeur, si monsieur le président fout un gros coup de pieds dans la fourmilière il va y en avoir du français râleur dans la rue pour des acquis dont il n'a toujours pas compris à quoi ils correspondent...

mercredi 25 septembre 2013

Retour en enfance...

Je reconnais que je n'étais pas facile quand il s'agissait des piqures. Les aiguilles. La grosse douleur que cela allait entraîner. C'était idiot, ce n'était pas douloureux. Mais ma mère me stressait tellement à l'avance que j'arrivais paniquée et je faisais une crise à chaque fois. Une fois c'est mon frère cadet qui m'a tenue. J'ai eu mal mais c'est parce que j'avais bougé le bras.

Avec le recul je réalise à quel point c'était idiot de ma part. Mais aussi de celle de ma mère qui causait cette peur et l'augmentait. Maintenant j'ai mal seulement quand la personne n'arrive pas à piquer correctement (genre une prise de sang où j'ai été piquée une dizaine de fois, sans succès). Par contre je ne peux pas regarder l'aiguille entrer. Une fois dedans c'est bon mais entrer je ne peux pas.

Ce matin, un père de famille de 31 ans (mon âge) est venu avec sa fille de 12 ans pour démarrer une désensibilisation injectable. La jeune L. m'a de suite demandé si ça faisait plus mal qu'un vaccin. Je ne mens pas, cela n'a aucun intérêt. Je lui ai dit que ça pique un peu mais que ce n'est pas douloureux. Je ne le sentais déjà pas...

Injections faites au père en premier. Vient le moment de les faire à L. Impossible... Contexte : petit frère de 4 ans (je pense) malade et en pleurs, criant en voyant les piqûres car il pensait que c'était pour lui et le père qui s'est de suite mis à crier sur sa fille que c'était du cinéma etc. Résultat : L. en pleurs parce qu'elle avait peur et tout a été démultiplié dans un contexte pareil. Encore plus quand son père lui a enlevé son pull de force et a tenu ses bras pour ne pas qu'elle bouge. Mon patron a refusé de faire les injections dans des conditions pareilles car la peur était réelle et les réactions du père n'ont rien arrangé...

Je me suis souvenue de moi petite. J'ai pris L. à part pour discuter avec elle, pour qu'elle se calme. Chose qu'il était inutile d'espérer avec l'état d'énervement de son père. Elle a vraiment peur, c'est son père qui a décidé que ce serait des piqûres et non des goutes car il trouve ça plus facile. Sa mère l'a comprend mais quand son père dit quelque chose ça se passe toujours comme ça. Il ne l'a frappe pas, il l'envoie dans sa chambre quand il est énervé. Elle m'a déballé tout ça, comme si elle me voyait régulièrement. Elle m'a même serrée contre elle quand je lui ai dit qu'il n'y aurait pas de piqûre. Elle avait besoin d'être rassurée, pas qu'on lui crie dessus. Pourquoi se comporte-t-il comme ça ?

Au final, il n'y aura pas de désensibilisation pour elle pour le moment. Le père refuse les gouttes car il n'a pas envie de s'embêter avec ça (dixit). Il a même parler d'immobiliser sa fille pour que mon patron fasse les injections, ce qu'il a refusé. En partant, il la regardait de travers. Il l'avait punie en prenant son téléphone portable. Je pense qu'elle aura aussi droit au fait de rester dans sa chambre...

Je suis certaine que lui aussi avait peur des piqûres quand il était petit. Crier n'arrange rien, il doit s'en rendre compte quand il crie sur son fils malade pour qu'il se calme (résultat : il crie encore plus). Je ne comprends pas. L. m'a fait un petit sourire en partant. On va dire que c'est déjà ça de gagné, elle ne pleurait plus et a fait un petit sourire. Maigre consolation.

vendredi 30 août 2013

Envie de crier

Discussion en salle d'attente entre deux patientes. L'une d'elle dit : "Je ne suis pas raciste, mais il faut quand même se méfier des musulmans...".

Ok... L'homme étant un loup pour l'homme, autant se méfier de vraiment tout le monde. C'est vraiment gratuit comme phrase...