lundi 16 décembre 2013

Non mais quel culot...

Monsieur M. avait normalement rendez-vous à 14h00. Monsieur M. a un peu plus de 30 ans, est asthmatique et s'est déjà retrouvé plusieurs fois en réa (il fume toujours).

Je l'appelle. Il me dit que je lui ai noté le rendez-vous pour demain à 14h00. C'est marrant, il m'a déjà fait le coup au précédent rendez-vous...

Mon patron, plutôt énervé car il le connaît depuis petit et qu'il rate très souvent ses rendez-vous, sans aucune excuse, m'a pris le téléphone.

Il en ressort que c'est ma faute (mais comme la fois d'avant il n'a plus le papier que j'ai fait) et que ce n'est pas la première fois. Du coup, mon patron a sorti le grand jeu, devant moi :

"Ah ben si c'est elle qui s'est trompée et qu'en plus ce n'est pas la première fois je ne vais pas laisser passer ça. C'est inadmissible. D'ailleurs sa prime de Noël va sauter, aucune raison que je cautionne son manque d'attention."

Heureusement que je le connais :D Le but était de faire réagir ce patient. Qui a trouvé tout à fait normal que ma prime de Noël me soit sucrée vu que je me trompe régulièrement.

Mon patron lui a donné un autre rendez-vous. Et il m'a dit qu'on aura une petite discussion tous les trois. Mouahahahahaha...

jeudi 5 décembre 2013

Dans ta face !

Actuellement, nous sommes apparemment dans une grande période d'enquêtes. Le téléphone sonne souvent pour ça et bien sûr il n'est pas compréhensible que le médecin ne soit pas disponible.

À l'instant, un appel en numéro secret, ce qui commence bien. Avec en plus une personne désagréable qui ne connaît pas le mot "bonjour". Je sais, j'ai bientôt 32 ans et je revendique être une vieille conne côté politesse pour le minimum de base. Quand même.
Interlocutrice : bla bla bla enquête bla bla bla entreprise de moins de dix salariés bla bla bla parler au responsable.
Moi : Il s'agit d'un cabinet médical et le médecin est en consultation tout le temps.
Interlocutrice : Je peux le joindre quand ?
Moi : Oh... vers 22h00 ?
Interlocutrice (voix outrée) : Mais nous terminons à 17h00 !
Moi : Vous savez, LUI n'a pas d'heure.
Interlocutrice : Merci au-revoir. *CLAC* (j'avais prévu le coup, j'avais déjà éloigné le combiné, hé hé)
Ça devient vraiment fatigant... Fatigant d'être interrompue dans son travail pour ça, fatigant de se retrouver avec des personnes désagréables, fatigant d'expliquer que le médecin bosse de 8h à une heure indéfinie (quasiment sans pause repas), fatigant de bla bla bla.

C'est la première fois que j'ai répondu cela. Et vu le résultat, je vais continuer.


mercredi 4 décembre 2013

Je me demande...

Mon employeur a eu un appel d'un autre pneumologue qui a été mandaté pour une expertise concernant un patient suivi ici. Il avait besoin des dernières informations suite au contrôle. Normal.

Mon patron a fait un courrier que j'ai tapé, ce qui est toujours normal. Il a pu le donner dans la foulée au confrère pneumologue lors d'une réunion.

Il m'a rapporté des éloges de sa part : la lettre est très bien faite et ça a été rapide, l'enveloppe est très bien faite aussi (c'est une enveloppe imprimée avec son nom, qu'est-ce que ça a de surprenant ?!) et je suis très gentille au téléphone, serviable, j'ai une voix douce, etc.

Et là, il y a eu LA grande question, posée de façon "enthousiaste" (je cite) : "elle est comment ta secrétaire ?". Physiquement parlant, je précise. Mon patron n'a pas répondu, il a rigolé.

Pourquoi a-t-il rigolé ? Par rapport à cette question que je me pose : est-ce que le confrère pneumologue aurait été aussi "enthousiaste" s'il savait que je suis obèse, non maquillée, coiffée on ne peut plus normalement (coiffeur 1 à 2 fois dans l'année), non manucurée, etc. ? D'un point de vue vestimentaire je suis on ne peut plus classique : jeans et t-shirt. Je suis propre sur moi mais je ne suis pas du tout dans les critères des "canons de beauté" actuels :D

Je serais curieuse de savoir... Les gens peuvent parfois tellement changer quand ils voient la personne en face. Après tout j'ai déjà eu droit à des "je ne vous imaginais pas comme ça" de nouveaux patients. Je préfère ne pas demander ce qu'ils imaginaient ^^;

vendredi 29 novembre 2013

Un coup de pied dans la fourmilière pour bientôt ?

Monsieur M. bénéficie d'une ventilation par PPC car il fait des apnées du sommeil. Il a changé de médecin prescripteur car il connaît mon employeur. Jusque là, tout va bien.

La demande d'entente préalable arrive, remplie sur une feuille en ALD. Or, il n'y a que deux ALD qui prennent en charge la PPC : celle pour l'hypertension artérielle sévère et celle pour insuffisance respiratoire chronique. Il n'a ni l'une, ni l'autre.

Je demande donc au prestataire de refaire la DEP non en ALD. Ils ont tenu à informer le patient car "cela a pourtant toujours été fait en ALD". J'ai juste envie de dire que je m'en contre-fiche si le médecin d'avant faisait ça alors qu'il n'aurait pas dû. C'était son problème. Là ça devient le mien et surtout celui de mon employeur en cas de vérification.

Le patient téléphone ce matin pour dire qu'il ne comprend pas. Je lui explique tout. Et surtout que les contrôles sont de plus en plus fréquents, d'autant qu'il y a eu beaucoup d'abus. Le résultat ? Il va demander à son médecin pour avoir une ALD soit pour HTA sévère, soit pour IRC afin de continuer à bénéficier de la prise en charge à 100 % de sa PPC.

J'ai presque envie de dire "lol, pour l'HTA tu peux te brosser et pour l'IRC tu crois qu'avec des valeurs fonctionnelles normales tu vas l'avoir ?". C'est fou ce système d'acquis... Surtout pour un traitement pris en charge avec des tarifs définis par la sécu et non par les prestataires.

Comme dit mon employeur, si monsieur le président fout un gros coup de pieds dans la fourmilière il va y en avoir du français râleur dans la rue pour des acquis dont il n'a toujours pas compris à quoi ils correspondent...

mercredi 13 novembre 2013

J'écris peu

Je voulais extérioriser un maximum de choses mais j'écris peu finalement. Pour preuve, le dernier billet date du 25 septembre !

J'ai tellement de choses en tête... Déjà avec le travail, ce flux continuel de patients qui ne fait qu'augmenter et tout ce qui s'y rattache à gérer. Les bilans pré-opératoires à faire en quatrième vitesse parce que forcément, ça ne peut pas attendre. Et les courriers dans la foulée pour le cardiologue.

Ma maman chez qui une suspicion de caillot sanguin a de nouveau eu lieu. Mon patron a regardé son scanner : il n'y a rien aux poumons. Ce qui est déjà un grand soulagement vu qu'elle avait failli mourir d'une embolie pulmonaire. Certes, elle a eu 70 ans cette année mais je ne la trouve pas prête à mourir.

Beaucoup trop de choses cheminent dans ma tête. Le boulot et le perso. Le boulot qui se répercute sur le perso et le perso qui se répercute sur le boulot. La Salope Et Pétasse (comprendre "Sclérose En Plaques") fait des siennes, pas qu'un peu. La douleur a sacrément augmenté et je suis limitée. J'ai bientôt 31 ans et par moment je suis aussi ralentie que ma maman de 70 ans ! Ces moments arrivent de plus en plus.

Le moral essaie de se débiner mais je le tiens. Il ne se tirera pas si facilement, non mais. Par contre avec les fêtes de fin d'année approchant et les patients qui vont m'offrir une boîte de chocolat (ça me met dans tous mes états tellement je suis émotive en ce moment) je ne sais pas comment je vais tenir. Ne pas lâcher prise. Ne pas la laisser prendre le dessus...

mercredi 25 septembre 2013

Autre dimension ?

Je m'en vais joyeusement saisir des données concernant le suivi SAS des patients. Si si, joyeusement. Non mais franchement, qui ne rêverait pas d'avoir du temps à perdre avec ça ainsi qu'avec les erreurs de codage ? C'est vrai quoi.

Voici ce qui est affiché aujourd'hui :

A partir de ce soir (27/06/2013) et jusqu’au vendredi 28/06/2013 20H les sites internet OSFP ET OPTISAS ne seront pas accessibles.
Aucune inclusion dans OPTISAS ne sera possible.
veuillez nous excuser du dérangement,
L’équipe technique.
D'accord. Alors selon mon agenda à moi nous sommes le 25 septembre, ce qui m'a été confirmé par d'autres éléments. Encore une fois, le message est arrivé plusieurs mois plus tard. Bon, là on s'en fiche un peu. Mais quand c'était pour s’intégrer à une formation continue sur le sommeil et qu'on est prévu 3 mois après la date de clôture des inscriptions... non. D'ailleurs ils ont accepté toute inscription faite après, nous n'étions pas les seuls.
 
Superbe réactivité d'une base de données qui se veut à jour. Ou alors qui est dans une autre dimension temporelle. Hum.

Retour en enfance...

Je reconnais que je n'étais pas facile quand il s'agissait des piqures. Les aiguilles. La grosse douleur que cela allait entraîner. C'était idiot, ce n'était pas douloureux. Mais ma mère me stressait tellement à l'avance que j'arrivais paniquée et je faisais une crise à chaque fois. Une fois c'est mon frère cadet qui m'a tenue. J'ai eu mal mais c'est parce que j'avais bougé le bras.

Avec le recul je réalise à quel point c'était idiot de ma part. Mais aussi de celle de ma mère qui causait cette peur et l'augmentait. Maintenant j'ai mal seulement quand la personne n'arrive pas à piquer correctement (genre une prise de sang où j'ai été piquée une dizaine de fois, sans succès). Par contre je ne peux pas regarder l'aiguille entrer. Une fois dedans c'est bon mais entrer je ne peux pas.

Ce matin, un père de famille de 31 ans (mon âge) est venu avec sa fille de 12 ans pour démarrer une désensibilisation injectable. La jeune L. m'a de suite demandé si ça faisait plus mal qu'un vaccin. Je ne mens pas, cela n'a aucun intérêt. Je lui ai dit que ça pique un peu mais que ce n'est pas douloureux. Je ne le sentais déjà pas...

Injections faites au père en premier. Vient le moment de les faire à L. Impossible... Contexte : petit frère de 4 ans (je pense) malade et en pleurs, criant en voyant les piqûres car il pensait que c'était pour lui et le père qui s'est de suite mis à crier sur sa fille que c'était du cinéma etc. Résultat : L. en pleurs parce qu'elle avait peur et tout a été démultiplié dans un contexte pareil. Encore plus quand son père lui a enlevé son pull de force et a tenu ses bras pour ne pas qu'elle bouge. Mon patron a refusé de faire les injections dans des conditions pareilles car la peur était réelle et les réactions du père n'ont rien arrangé...

Je me suis souvenue de moi petite. J'ai pris L. à part pour discuter avec elle, pour qu'elle se calme. Chose qu'il était inutile d'espérer avec l'état d'énervement de son père. Elle a vraiment peur, c'est son père qui a décidé que ce serait des piqûres et non des goutes car il trouve ça plus facile. Sa mère l'a comprend mais quand son père dit quelque chose ça se passe toujours comme ça. Il ne l'a frappe pas, il l'envoie dans sa chambre quand il est énervé. Elle m'a déballé tout ça, comme si elle me voyait régulièrement. Elle m'a même serrée contre elle quand je lui ai dit qu'il n'y aurait pas de piqûre. Elle avait besoin d'être rassurée, pas qu'on lui crie dessus. Pourquoi se comporte-t-il comme ça ?

Au final, il n'y aura pas de désensibilisation pour elle pour le moment. Le père refuse les gouttes car il n'a pas envie de s'embêter avec ça (dixit). Il a même parler d'immobiliser sa fille pour que mon patron fasse les injections, ce qu'il a refusé. En partant, il la regardait de travers. Il l'avait punie en prenant son téléphone portable. Je pense qu'elle aura aussi droit au fait de rester dans sa chambre...

Je suis certaine que lui aussi avait peur des piqûres quand il était petit. Crier n'arrange rien, il doit s'en rendre compte quand il crie sur son fils malade pour qu'il se calme (résultat : il crie encore plus). Je ne comprends pas. L. m'a fait un petit sourire en partant. On va dire que c'est déjà ça de gagné, elle ne pleurait plus et a fait un petit sourire. Maigre consolation.