mardi 20 mai 2014

Veto à prévoir pour les congés d'été ?

Cette article était dans les brouillons depuis février. Vu comment ont été les deux jours où "elle" a été là, je n'avais plus vraiment envie de continuer. Je crois que je n'ai plus besoin de le compléter, on sait ce qu'il en est...

J'essaie autant que possible de ne pas juger les gens trop vite. Sauf que je n'arrive pas toujours à le contrôler...
Le premier remplaçant que j'ai connu n'était vraiment pas "terrible" on va dire. Pas très accueillant et surtout tout le temps en train de me demander ce qu'il faut faire. Il avait oublié que le médecin c'était lui et ça ne rassurait pas du tout les patients... Quand mon patron fait des gaz du sang, je n'entends rien. Là, j'ai chaque fois entendu des "aïe" bien prononcés et les patients s'en souviennent encore. Une patiente a même fait un malaise et n'a plus voulu revenir... Mais bon, de toute façon, ce n'est pas avec des tests allergologiques qu'il allait "gagner sa vie" comme il m'a dit. Ok, bye.

Deuxième remplaçante... Un pur bonheur, dans tous les sens du terme. Elle savait ce qu'elle faisait ou ne faisait pas et pourquoi, était très gentille, etc. Même les patients l'ont aimée. Sauf qu'un pneumologue a réussi à en faire son associée (ou plutôt son esclave) en racontant des conneries à tout le monde. On a quelques contacts et on ne manque pas de se saluer par mail ou via mon patron lors de congrès.

Troisième remplaçante, rien à signaler non plus. J'ai mis la deuxième sur un piédestal donc je n'arrive pas à la mettre au même niveau mais il n'y avait vraiment rien à redire. Pour preuve, les patients l'ont appréciée aussi, ce qui veut tout dire.

Conte de fée ?

Va développer les radios Cendrillon. Tape le certificat Cendrillon. Réponds au téléphone Cendrillon. Ouvre aux patients Cendrillon. Occupe-toi des sommeils Cendrillon. Laisse-moi te parler pendant que tu es au téléphone Cendrillon. Laisse-moi te parler pendant que tu es au téléphone, qu'il y a un patient devant toi, que ça sonne et que tu dois développer une radio Cendrillon.

Bon. C'est long jusqu'au retour du roi qui me redonnera une place normale. Si même les patients qui ne le connaissent pas et donc ne peuvent pas comparer ont pitié de moi, je crois pouvoir dire que je ne suis pas folle.

lundi 19 mai 2014

Mail du jour

Mon patron est au congrès de l'ATS à Los Angeles pour la semaine. Retour de la remplaçante chérie d'amuuuuuuuuuur que j'aime. Ou pas. Grâce au fait qu'il est avec un directeur d'agence de prestataire de service, je peux lui envoyer des messages. Je crois que ça va le rendre nerveux de voir que ces indications on s'en fout...
Bonjour à vous !
J'espère que le voyage s'est bien passé.

Si vous voulez bien transmettre [mettre ici le nom de son patron] qu'il me manque et que j'ai hâte qu'il revienne. Oui, journée même pas encore finie et côté nerfs j'ai déjà du mal.

Elle a eu du retard. Une demi-heure ce matin, 20 minutes cette après-midi. Même pas bonjour. Exactement comme la dernière fois.

Elle veut que je déplace une consultation de mercredi soir. Une déléguée de je ne sais plus quel labo voulait vous inviter à une réunion d'information. Du coup elle lui a proposé à elle. Sauf que c'est un scolaire (d'où le rendez-vous le mercredi) et que je n'arrive pas à le joindre. Mais elle veut y aller (ou partir plus tôt ? comment ça je suis mauvaise langue ?).

Elle ne développe pas les radios. En plus elle ne me prévient pas toujours, faut que je devine quand je suis en train de m'occuper d'un sommeil apparemment. Et elle n'arrive pas à cadrer les patients pour les faire du coup elle a tout bougé, il faudra refaire les réglages (elle ne se souvenait pas qu'elle pouvait monter le siège... et donc recadrer le patient par ce biais).

Elle voulait un scanner en ultra-méga-grosse urgence pour un patient que vous suivez pour une petite opacité qui est stable et chez lequel vous aviez même fait une fibroscopie. Le patient refuse d'aller à l'hôpital civil et elle s'est énervée parce qu'on ne peut pas prendre RDV directement nous-même. Le patient est maintenant très inquiet car elle a utilisé plusieurs fois le mot "urgent" en insistant qu'il fallait que ce soit fait rapidement. Elle lui a aussi dit qu'il faut faire une fibroscopie. Il avait l'air perdu en partant...

A midi et demi elle voulait que je lui montre comment faire une feuille de soins. J'ai dit que je n'avais pas de carte vitale sous la main. Je reconnais, c'est faux, mais à midi et demi alors qu'elle avait fini les consultations à 11h45 (oui elle a carburé) et qu'elle aurait pu me demander là, j'avoue que je n'ai pas eu envie de faire un effort. En plus Roger venait d'arriver.

Pour couronner le tout Monsieur N. vient de m'accuser du fait de ne plus être pris en charge à 100 % ici. Pour lui c'est clairement à cause de moi. Je lui ai montré qu'il a les 100 % pour le diabète et non les poumons car il ne me croyait pas. Je lui ai même proposé de l'imprimer pour en parler avec sa fille et il l'a mal pris aussi (pourtant elle s'occupe souvent de ses papiers). J'ai insisté pour qu'il en parle avec son médecin traitant. Pas sympa du tout.

Et on continue sur la lancée de une consultation = un courrier systématique. J'ai aussi peur de l'état du planning à votre retour vu que c'est consultation quasiment chez tout le monde.

Bref... revenez vite !!! J'espère que vous avez du beau temps.

Profitez bien.

Fanny

vendredi 9 mai 2014

Privilège


"Vous avez le feu vert du médecin responsable de la formation, le Docteur L."

YES!
 
Je ne sais plus si j'en ai parlé, mais j'ai une sclérose en plaques (SEP, Salope Et Pétasse pour les intimes).

Tous les ans, le réseau alSacEP (et autres, il y en a dans toute la France) fait une grande réunion d'information pour les malades et les aidants. Réunion à laquelle je suis devenue incapable d'aller car mon compagnon travaille le samedi et je suis complètement déprimée car généralement la plus jeune et entourée de personnes avec des béquilles, en fauteuil roulant et même parfois en fauteuil couché. On a beau vous dire que tout le monde n'a pas la même évolution, ça fiche quand même un coup.

Le Centre Hospitalier de Mulhouse organise sa Deuxième Journée Médicale cette année. Avec entre autre une intervention du grand professeur spécialisé "du coin" concernant les nouveaux traitements de la SEP. Première intervention de cette journée. C'est mon patron qui m'a donné le programme pour me le montrer justement.
 
Comme les prestataires et laboratoires me disent régulièrement que "mais siiiiiii vous pourriez venir aussi" (oui mais ça ne m'intéresse pas ou je ne suis pas disponible), j'ai posé LA question : est-ce que moi, simple secrétaire, ai le droit de me joindre aux médecins qui viendront écouter cette intervention ?

La réponse est celle de la première ligne de cet article peu intéressant mais qui me fait plaisir. Je sais que je ne vais pas tout comprendre. Mais j'ai acquis quelques notions, je me renseigne de mon côté et surtout je vais être concentrée et ne pas avoir l'esprit pollué par ce qui se passe autour et que je n'arrive pas à laisser de côté car la douleur dégagée autour est trop forte.

mercredi 30 avril 2014

Faire-part de décès

Madame C., voix neutre habituelle : Suite à la consultation du 4 avril, il me faut un papier pour le remboursement de la mutuelle ?

Moi : Non tout est transmis directement.

Madame C. : D'accord. Je préférais être sûre.

Moi : Mais si vous en avez besoin je vous sors le papier.

Madame C. : Non ce sera bon. Par contre il faut que je vous dise autre chose...

Moi : Oui ?

Madame C., toujours de la même voix : Mon mari est décédé.

Moi : ... toutes mes condoléances.

 Madame C. : Merci. Tous ces examens pour rien, il est mort pendant l'intervention...

Comment dire... je ne m'attendais pas à une telle annonce. Surtout quand la discussion commence par une question d'ordre administratif pour les remboursements. Chacun a sa façon de faire pour réussir à annonce un décès...

lundi 28 avril 2014

Hey, bonjour petit blog !

J'avoue, je t'ai laissé de côté et oublié. Surtout que pendant ma semaine de congés je n'avais aucune envie de penser à toi car tu es lié à mon travail.

La reprise a été ce matin. Et comme toujours, c'est la merde...

Sur le répondeur des patients qui râlaient qu'on était fermé jusqu'au 28 mais pas de nom ni d'autre information.

Un patient qui a été opéré d'un cancer qui a de gros soucis avec transfusion en urgence la semaine dernière. Je vais continuer à donner sang et plaquettes, c'est nécessaire.

Des patients qui estiment anormal qu'un antibiotique ne fait pas d'effet en un jour. Voire deux jours quand les personnes en question sont patientes. Et quelle est leur conclusion ? Le médecin généraliste ne sait pas il faut voir le pneumologue. Ben non. Désolée mais un traitement de n'est pas instantané comme ça en 2 secondes. Ça se saurait !

Des gens qui sont purement et simplement désagréables. Comme ça, presque "pour le fun" j'ai envie de dire.

Et des gens normaux aussi. Qui sont là, font leur(s) examen(s) et ce qui leur est conseillé. Ces patients-là sont reposants...

Mais j'ai quand même envie de crier à l'aide. Si si. Ou alors si je pouvais avoir plusieurs bras comme Ganesh, ce serait l'idéal. Je me sens comme cette carapuce en fait (oui, j'avoue, j'ai joué aux Pokémon et non je n'ai pas honte).

lundi 7 avril 2014

Le trou de la sécu

Une des choses pouvant expliquer le fameux "trou de la sécu", c'est quand nous avons ce genre de cas : une patiente de plus de 80 ans, fatiguée, qui a mal. Et pour cause : elle a un cancer pulmonaire avec métastases osseuses. Vu son âge et son état de fatigue avec également un ras le bol général, elle ne sera pas opérée.

Les dossiers sont présentés lors d'une réunion pluridisciplinaire. En gros la réunion des grands pontes de la médecine pour décider du traitement le mieux adapté au patient.

Dans ce contexte, toute une série d'examen est demandé dont des imageries pour écarter toute localisation secondaire en cas d'opération possible.

Patiente non opérable et ne souhaitant de toute façon pas se faire opérer, mon patron a décidé de ne pas lui faire le bilan d'extension, comme il le fait toujours dans ce cas-là. Réaction des grands pontes : il faut lui faire un bilan TOTAL d'extension voyons !

D'un côté mon patron a le son de cloche de grands professeurs qui disent qu'il est inutile de balancer encore des rayons aux patient et de programmer des examens ayant un tel coût quand ce n'est pas nécessaire et d'un autre le son de cloche des grands pontes qui veulent tout quand même parce que... ben... juste "parce que" en fait.

Si le ménage pouvait être fait pour les examens demandés au titre du "parce que" et non par nécessité, on ferait sûrement des économies... Sans compter le délai d'attente du patient qui est rallongé, pendant lequel il stresse encore plus et a le temps d'avoir des douleurs plus importantes.